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Agadir / Congrès International sur l’arganier 5 è édition «le capital naturel de l’arganeraie: valeur et valorisation».

Le contrat-programme de la filière 2012-2020 a permis la réhabilitation de 200.000 ha d’arganeraie. L’extension de la culture en conduite moderne sur 5.000 ha. Objectif production de 100 000 tonnes de l’huile d’argan , par an.

Le Congrès   international scientifique sur l’arganier est un rendez-vous bisannuel de rencontres et d’échange entre les membres de la communauté scientifique et un lieu de communication et de valorisation des travaux de recherche effectués sur l’arganeraie. Agroforesterie, arganiculture, biotechnologie et amélioration génétique. Un salon international pour discuter des maillons de la chaîne de valeur de la filière.

 Le Congrès, organisé par l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’ arganier (ANDZOA) en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime, le Haut-commissariat aux eaux et forêts et l’Institut national de recherche agronomique, a pour thème «le capital naturel de l’arganeraie: valeur et valorisation».

La recherche scientifique étant un aspect fondamental pour le développement de la filière, les organisateurs ont choisi, pour cette édition, des études et travaux de recherche qui abordent différents axes liés autant à l’arbre qu’à son écosystème. Ainsi, le premier axe des présentations concerne la structure et le fonctionnement de l’écosystème de l’arganeraie. Le deuxième aborde l’agroforesterie, l’arganiculture, la biotechnologie et l’amélioration génétique.

Dans ce cadre, il faut souligner que depuis plusieurs années un nombre de mesures et d’actions ont été entreprises en amont et en aval de la filière qui bénéficie d’un intérêt particulier dans le Plan Maroc Vert. La création de l’Agence Nationale pour le Développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier (ANDZOA) en 2010 et la signature d’un contrat-Programme pour la période 2012-2020 entre le Gouvernement et l’Interprofession de la filière sont quelques un des jalons importants de cette marche en avant en faveur de l’activité. A noter que cette feuille de route vise à l’horizon 2020 la réhabilitation de 200.000 ha de l’arganeraie. Sur ce plan les réalisations sont de 146 397 Ha pour la période 2012-2018.

L’extension de sa culture en conduite moderne sur 5.000 ha et la domestication de l’arganier sont aussi d’autres objectifs du contrat-programme de la filière. Le projet de Développement de l’arganiculture dans les environnements dégradés (DARED), financé par le Fonds Vert pour le Climat vise à accompagner les efforts en la matière. Ce chantier porte, notamment, sur la plantation de 10.000 ha, la mobilisation des eaux de surface, le renforcement des capacités des acteurs et l’organisation des maillons de la chaine de valeur de la filière, est-il indiqué dans un communiqué du département de l’Agriculture.

La recherche accompagne aussi cette marche en avant de la filière. Pour répondre aux orientations du Plan Maroc Vert, il s’agit notamment de l’amélioration génétique, de la création de variétés d’arganier et sélection d’arganiers performants. Il est aussi question de la multiplication des plants sélectionnés, l’élaboration des techniques de conduite des vergers modernes d’arganier, la valorisation de l’arganier et ses produits ainsi que l’utilisation de la biotechnologie dans la recherche sur l’arganier.

Pour l’heure, des résultats de recherche importants ont été atteints. Il s’agit notamment, de l’inscription en 2018 de six variétés d’arganier caractérisées par leur large adaptation et par leur précocité de production au catalogue officiel. Le tout vise des retombées socio-économiques certaines dans l’aire de l’arganier avec l’augmentation de la production de l’huile d’argane.

Les objectifs à 2020 sont de 10 000 tonnes/an. En attendant, l’organisation  du prix jeunes chercheurs vise à créer l’émulation dans le domaine et encourager à excellence en la matière.  En marge du congrès,  le Ministre a procédé à la remise de prix aux meilleures recherches sur l’arganier. Plusieurs prix et distinctions ont été décernés aux meilleurs travaux de recherche, toutes disciplines confondues.

Pas de développement sans une interprofession structurée et renforcée. Le Ministre Aziz Akhannouch a présidé dans ce cadre une convention entre son département et la FIFARGANE (Fédération interprofessionnelle de la filière de l’argane) pour la mise à niveau de l’interprofession. Pour le développement du label Bio des produits de l’Argane, une autre convention a été aussi conclue en sa présence, entre la FIFARGANE et la Fédération Interprofessionnelle du Bio au Maroc.

L’organisation du salon international de l’arganier qui se tient dans les principales places publiques de la ville d’Agadir jusqu’au 11 décembre, est aussi une autre manière pour renforcer la filière. C’est en effet une belle opportunité pour promouvoir le savoir-faire ancestrale des producteurs et donner une visibilité aux transformateurs et exportateurs. En un même lieu et même période, tous les maillons de la filière se trouvent rassemblés pour célébrer les acquis et se préparer à l’avenir.

Les zones oasiennes et de l’arganier ont connu une amélioration au niveau de la plupart des indicateurs, « approchant et dépassant parfois les ratios établis et ciblés » dans le cadre de la stratégie d’intervention de l’Agence, a précisé le ministère dans un communiqué publié suite aux réunions du Comité d’orientation stratégique et du Conseil d’administration de l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), tenues lundi à Agadir,le 12 et 13 décembre, sous la présidence du ministre l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Aziz Akhannouch. Le Produit intérieur brut (PIB) des zones oasiennes et de l’arganier est passé de 84 à 129 milliards de dirhams (MMDH) entre 2009 et 2018, a indiqué le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts.

Le total des investissements publics s’est ainsi élevé à 63,6 MMDH durant la période 2012-2018, soit 69% des objectifs stratégiques à l’horizon 2020, alors que plus de 82.527 emplois ont été créés durant la même période dans la zone d’action de l’agence, soit 52% des objectifs fixés pour 2020. Le ministère a fait ressortir une nette amélioration dans l’accès aux services de base, relevant que le taux d’électrification rurale est passé de 95% à 99%, l’accès à l’eau potable de 81% à 91% et le taux de désenclavement en milieu rural de 70% à 83%. Le ministère a également noté la mobilisation d’un volume supplémentaire des ressources en eau de 703 millions de m3, soit 64% de l’objectif fixé à l’horizon 2020.

Pour aller de l’avant aujourd’hui, les participants ont souligné l’importance en effet d’associer les acteurs de la recherche à ceux de la filière Argane. C’est là un des intérêts du projet de Centre National de l’Arganier“ prévu à Agadir. Le dossier, en gestation depuis plus de trois ans, entre aujourd’hui dans sa phase de concrétisation. La construction de cette structure devrait démarrer début 2020 pour s’achever après 18 mois de travaux, précise madame Latifa Yaakoubi, directrice de développement des zones de l’Arganier à l’ANDZOA. Dans sa globalité, le chantier nécessitera une enveloppe de 45 millions de DH. Les aménagements absorberont une enveloppe de 15 millions de DH financés par l’ANDZOA. La partie équipement absorbera un montant de 30 millions de DH couverts par la GIZ, Agence allemande de coopération internationale.

A terme le futur centre de l’arganier sera une plateforme d’interprétation du patrimoine, de convergence et de coordination de la recherche et de gestion des connaissances afin d’assurer une gouvernance durable de la RBA et un accompagnement de la filière et des acteurs, précisent les maitres du projet. Ce sera aussi un outil de veille technologique sur la réserve de biosphère de l’arganier. Dans sa composante, sommairement, il abritera notamment une partie musée pour offrir au public des informations sur cet arbre de la providence. Un site web offrira aussi accès aux synthèses des recherches réalisées sur cette plante.

En attendant, la cinquième édition du congrès international de l’arganier et la première édition du salon international de l’arganier, ont été une belle occasion de réunir l’amont et l’aval de la filière. La rencontre a été marquée par la présentation de plus de 120 contributions et communications scientifiques. Du côté du Salon une forte affluence a été enregistrée. Près de 50 milles personnes ont visité l’espace couvert de 2000 mètres du salon et plus de 150 milles personnes ont visité les 5 villages aménagés dans 5 grandes places d’Agadir. On retient également que les 120 coopératives exposantes dans les cinq villages ont fait de bonnes affaires.

Selon les organisateurs, elles ont vendu près de 80% de leurs produits exposés. On retient donc encore une fois l’engouement qu’enregistre l’or vert du Souss. Selon M. Brahim Hafidi, directeur général de l’ANDZOA, la demande mondiale réelle estimée de l’huile d’Argan est de 20 milles tonnes alors que le Maroc ne produit actuellement que 4000 milles tonnes. Le contrat programme du secteur vise l’atteinte de 10 milles tonnes de production de l’huile d’Argan d’ici 2020. Ce qui pose la question de comment produire plus tout en préservant de manière durable la réserve de biosphère de l’arganeraie et une gestion durable de la filière.

 

Mohamed RIAL

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