Agadir

Taghazout Station Balnéaire : Gestion Défaillante. Chantiers suspendus.

C’est un coup dur que la nouvelle station touristique «Taghazout bay» a subi dernièrement. Des consignes fermes ont été données pour arrêter le chantier et démolir, des villas et une partie des hôtels non conformes aux lois de l’urbanisme. D’autres graves irrégularités ont été relevées sur le chantier et doivent être rectifiées. Entre autres infractions, l’empiètement des constructions sur le domaine public, surtout la voie publique et les espaces verts, et les conditions de dégradation dans lesquelles se trouve la seule voie desservant et longeant cette station.

Pour l’histoire, à rappeler que le principe d’une nouvelle station balnéaire à Taghazout remonte au début des années 1985. Le projet a connu plusieurs fortunes. L’aménageur-développeur saoudien Dalla Al Baraka avait été choisi en 2000 pour construire une station de 20.000 lits sur plus de 600 ha. Le coût de l’investissement avait été estimé à 5 milliards de DH avec une mise des pouvoirs publics de 207 millions de DH. Le saoudien n’a pas honoré ses engagements.

Puis le projet a été confié à Colony Capital, un fonds d’investissement américain en 2006. Nouvel échec constaté en 2011. Le projet sera redimensionné un an plus tard. Le montant de l’investissement passera de 6 à plus de 10 milliards de DH, avec la construction de 12.300 lits au lieu des 8.000 annoncés deux ans auparavant. Il s’agit d’un mix entre 7 établissements hôteliers (60% du programme) et résidentiel. Pour l’heure, les seules unités opérationnelles sont: Riu Tikida Taghazout, sol Taghazout Bay, Hyatt Place Taghazout.

Ce qui devait être la première station balnéaire du Plan Azur, s’embourbe et n’arrive par à prendre bonne forme. A l’oeil nue, pour le commun des mortels, dès l’approche de la station ce que l’on remarque de nos jours, c’est plus de résidences immobilières dominant partout, que d’hôtels, alors que c’est l’inverse qui devait être. En visite dans la capitale du Souss, SM le Roi Mohammed VI a décidé de se rendre dans la station pour une visite non programmée. Il est resté un bon moment sur place. Et ce qu’il a vu ne lui a pas du tout plu. Il n’était manifestement pas satisfait du déroulement des travaux dans cette station de 650 hectares, l’une des plus importantes en Afrique du Nord

Résultat juste après la visite, des bulldozers se sont mis au travail, avec pour consigne de mettre à plat tout ce qui n’est pas conforme au code de l’urbanisme et aux plans initiaux du projet. Trois grands hôtels, appartenant à des enseignes de renommée mondiale et toujours en cours de construction, en ont fait les frais. Une partie de ces constructions a été démolie. Des villas situées sur une surface de 160 m2 chacune ont subi le même sort.

Mais, avant l’arrivée des bulldozers, les gendarmes et les membres des forces auxiliaires étaient déjà sur place et ont procédé à l’arrêt et à l’évacuation du chantier. Tout le monde a compris que c’était du sérieux. Les citoyens se félicitent de ces actionnes de démolition et s’envoient des messages : Merci Majesté : « Allah Inssar Sidna. »

Il faut avouer que les irrégularités étaient constatées de visu, mais personne n’avait le pouvoir de régir et d’empêcher le mal qui grandissait et s ‘emparer de toute la station, comme un virus. La SMITT et son entité La SAPST, (Créée en 2011, la SAPST Société d’aménagement et de promotion de la station de Taghazout), au capital de 700 millions de DH, est détenue par quatre actionnaires de référence marocaine: SMIT, CDG Développement, Ithmar Al Mawarid et Sud Partners), étaient quasi injoignables avant la visite royale pour ne pas dire intouchables, non communicateurs, et agissaient en vrais maitres de lieux, avec arrogance, en plus.

Pour le bon suivi des démolitions, une commission ad hoc créée pour plancher sur ce projet et, à chaque fois qu’elle constate une irrégularité, une décision est immédiatement prise pour la rectifier. C’est que, le projet a subi de nombreuses modifications par, notamment, le recours à la procédure de dérogation en matière de l’urbanisme. Dérogations qui ont accouché à des monstruosités ayant travesti complètement les plans initiaux.

C’est dans ce cadre que la décision d’arrêt du chantier et de démolition des villas et d’une partie des hôtels de la station a été prise après une visite sur le site d’une commission qui a pu relever une série d’irrégularités… Le RIPT (Résidence Immobilière Promotion Touristique) est le mal qui a déformé la réalisation hôtelière de la nouvelle station balnéaire, censée apporter un plus à la capacité hôtelière d’Agadir.

Comment se permet-on de reproduire les mêmes erreurs commises par différentes stations à travers le monde, telles que les îles Canaries où les Ript sont en perte de vitesse? En effet, les investisseurs hôteliers Taghazout se sont vu « poussés » de construire une composante résidentielle alors que cela n’a rien à voir avec leur métier( dans la cas de charges 30% peut être réalisé en Ript).Ainsi , l’intégration d’une zone immobilière s’est évidemment effectuée aux dépens de la composante touristique. De plus, la station a été conçue comme un ghetto, coupé de la population. En vrai contradiction avec le plan initial où la station devait intégrée le village de Taghazout, en le mettant en valeur, avec une mise à niveau urbanistique, environnementale, écologique etc…

Il est certain que tout sera désormais revu et corrigé, grâce à l’intervention et la sollicitude royales. ET que la dominance hôtelière prendra le dessus sur la composante immobilière. Le calcul est simple à faire en matière hôtelière. Sur la base d’un lit égal un emploi. SI on a plus de lits, automatiquement on aura plus d’emplois. ET c’est là l’objectif principal de la réalisation d’une nouvelle station touristique balnéaire. Ce n’est pas du tout du Ript, qui ne crée pas d’emploi et qui reste une opération immobilière avec des rentes mensuelles aux propriétaires. Ainsi la station Taghazout doit avoir une capacité hôtelière de 13 000 lits, donc générer 13 000 emplois. Sachant que chez nous au Maroc, un emploi permet de vivre une famille, d’au moins quatre personnes, le calcul est vite fait.

L’arrêt des travaux à Taghazout est un échec cuisant et met au pied du mur : Smitt, Sapst, CDG et autres responsables et intervenants, qui pouvaient corriger mais n’avaient rien fait, laissant les choses se dégrader, en procédant à pervertir le projet de bas à coup de dérogations à tort et à travers, jusqu’à la visite historique de SM Le Roi à la station, qui a mis remis les choses dans leur place où elles devraient être. Rien ne sera plus comme avant à Taghazout. Tout le monde en est convaincu. L’implication royale en est le grand garant.

Mohamed RIAL

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