Capitale marocaine du tourisme vert, Ifrane a accueilli une conférence de haut niveau consacrée au tourisme durable. Organisé par la Société Marocaine d’Ingénierie Touristique (SMIT) et l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF), l’événement a rassemblé les principaux décideurs du secteur, parmi lesquels les ministres du Tourisme, de l’Équipement et de l’Eau, ainsi que plusieurs experts internationaux.
Investir dans un tourisme responsable
L’objectif du forum était de discuter des opportunités d’investissement dans le tourisme durable, notamment dans les parcs naturels, les zones sahariennes et les espaces oasiens, tout en explorant les liens entre développement touristique et agriculture durable.
Mme Fatima-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, a souligné l’importance de « développer le tourisme durable en dehors des sentiers battus » et a rappelé les initiatives déjà engagées, comme le programme de valorisation des villages touristiques, créateur d’emplois et de revenus pour les communautés locales.
Ifrane, un modèle de tourisme vert
Pour Abderrahim Houry, directeur général de l’ANEF, le choix d’Ifrane n’est pas anodin :
« Cette province dispose de potentialités importantes qui garantissent un avenir prometteur pour le parc national d’Ifrane. »
Il a insisté sur la nécessité de protéger les écosystèmes et de valoriser les ressources naturelles de manière durable, en annonçant la mise en place d’un cadre de référence pour tous les partenaires impliqués.
Vers une nouvelle dynamique d’investissement
De son côté, Imad Barrakad, directeur général de la SMIT, a rappelé que le tourisme durable « attire de plus en plus de visiteurs » et représente déjà près de 250 milliards de dirhams de revenus. Il a appelé à intensifier les investissements et à développer des projets structurants, notamment dans les zones sahariennes et montagnardes, afin de diversifier l’offre touristique marocaine.
Un appui international renforcé
La conférence a également bénéficié des contributions de partenaires internationaux, notamment l’Agence Française de Développement (AFD).
Selon Catherine Bennaud, directrice de l’AFD au Maroc, la réussite des projets d’écotourisme repose sur deux piliers :
- La préservation des écosystèmes et une trajectoire sobre en carbone.
- La concertation entre les acteurs locaux, associant autorités, société civile et communautés.
Timothée Robac, responsable du pôle ressources naturelles à l’AFD, a précisé que l’Agence finance déjà plusieurs projets d’écotourisme doux dans le parc national d’Ifrane, notamment via des appels à projets territoriaux pour soutenir des initiatives locales.
Trois panels pour des stratégies concrètes
Le forum a été structuré autour de trois panels :
- Investissement touristique et parcs naturels : opportunités de développement et préservation de l’environnement.
- Zones sahariennes et oasiennes : défis et projets innovants pour ces territoires.
- Synergie entre tourisme et agriculture durable : intégration des filières agricoles dans les modèles touristiques.
Ces échanges ont permis de dégager des pistes pour renforcer l’offre touristique marocaine tout en préservant la biodiversité et les cultures locales.
Un engagement national pour l’avenir
Les conclusions du forum serviront de base à l’élaboration de stratégies nationales et de projets concrets pour faire du tourisme durable un pilier de l’économie marocaine. Tous les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une approche collective, alliant investisseurs, acteurs publics et communautés locales, afin de bâtir un tourisme à la fois compétitif, responsable et respectueux des écosystèmes.
